Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2, James Gunn

À sa sortie, Les Gardiens de la Galaxie avait surpris par son ton décalé, un humour parfois décapant et une bonne dose de second degré au milieu d’adaptations de superhéros de plus en plus sérieuses. James Gunn avait trouvé la bonne formule et le long-métrage n’était pas seulement divertissant et spectaculaire, il était aussi vraiment drôle et fun, tout simplement. Le succès a été au rendez-vous et comme toujours dans ce cas-là, une multitude de suites est prévue. Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 est le deuxième volet dans la saga des Gardiens de la Galaxie et un énième épisode1 dans l’immense saga des Avengers qui ressemble tous les jours un petit peu plus à un fourre-tout géant. On s’y perd un petit peu, mais qu’importe à dire vrai : ce long-métrage reste dans la droite lignée du précédent et si vous l’aviez aimé en 2014, vous aimerez probablement le cru 2017. Malheureusement, l’effet de surprise n’est plus là et cela nuit un petit peu à cette suite, mais James Gunn peut compter sur ses personnages pour maintenir l’intérêt des spectateurs.

Le groupe des Gardiens s’était formé dans le précédent volet, mais pour le dire franchement, tout cet arrière-plan est largement inutile et vous pouvez aborder Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 sans rien savoir à leur sujet. La première séquence est chargée de présenter les personnages principaux et en même temps l’humour qui est la marque de la fabrique de ces personnages. On retrouve ainsi toute l’équipe, Peter alias Star-Lord, Gamora, Drax, Rocket et naturellement Groot, cet arbre humanisé devenu tout petit à la fin du premier film. Ils doivent affronter une créature qui va bientôt arriver, qu’importe les détails, ce qui compte davantage, ce sont les interactions entre les personnages. Rocket essaie de brancher une chaîne hifi pour lancer une cassette de Peter et la fameuse bande-son des années 1970 qui faisait tant dans le premier long-métrage. Composée de 14 titres, cette bande-originale est à nouveau très réussie, il faut le reconnaître et on la retrouve à travers tout le film, comme un fil conducteur qui prend la forme d’une cassette et du mythique Walkman de Peter. Tout ceci est très bien, mais c’est aussi le symbole du problème de cette suite : Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 n’est pas une surprise comme pouvait l’être son prédécesseur. On s’attend à la compilation des années 1970 et aux titres variés qui rythment les scènes. On s’attend aussi à l’humour et à cette alchimie entre les personnages, notamment entre la brute gentille, mais un peu bête, qu’est Drax et le raton-laveur vulgaire et toujours de mauvais poil qu’est Rocket. Tout est déjà très familier et James Gunn donne davantage le sentiment de travailler pour obtenir un résultat qui semblait naturel la première fois. Certaines blagues sont attendues, on voit venir la coupure au second degré de plusieurs scènes sérieuses… et du coup, on s’amuse encore, mais l’effet de surprise en moins et l’ensemble manque du grain de folie qui nous avait tant plu dans Les Gardiens de la Galaxie.

À défaut de maintenir la surprise, cette suite tente d’aller sur d’autres terrains un petit peu différents et de creuser davantage ses personnages pour leur offrir une épaisseur psychologique plus importante. Pour commencer, l’arc narratif du long-métrage implique l’origine de Peter et en particulier son père qui apparaît au beau milieu d’une scène. On connaissait sa mère, morte d’un cancer alors qu’il était très jeune, on ignorait à peu près tout de son père, disparu pratiquement à sa naissance. Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 lève le voile sur son identité avec le personnage d’Ego, une sorte de dieu, une entité intelligente qui s’est transformée en planète et qui, face à l’ennui, à pris forme humaine pour séduire une femme sur Terre et plein d’autres créatures dans l’univers. L’idée est intéressante, même s’il ne faut pas attendre un film vraiment psychologique. James Gunn essaie quand même de ne pas en rester exclusivement à l’humour et d’introduire une pointe d’émotion, notamment à la fin, avec ce duel autour du père biologique et du père adoptif. Rien de très original là, certes, mais au milieu des explosions qui sont d’ailleurs toujours aussi spectaculaires, et des blagues qui sont souvent toujours très drôles, le récit parvient à ménager une ou deux scènes touchantes, que ce soit avec Peter et ses pères, ou bien avec deux sœurs ennemies ou encore entre Rocket et Yondu. Ces respirations évitent l’asphyxie face à la débauche d’action colorée et elles permettent aussi au film de se démarquer un petit peu de son prédécesseur. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est ça de pris.

James Gunn et les producteurs ont certainement analysé le succès du premier film pour essayer d’en trouver la clé et in fine le reproduire à l’identique ici. C’est une démarche naturelle, mais c’est aussi une voie très dangereuse. L’équilibre précaire du long-métrage précédent tenait en partie du hasard et en ne récupérant que certains éléments, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 court le risque de la caricature. On voit très bien dans cette suite tous les moments où les scénaristes cherchent à reproduire ce qui avait marché une première fois et honnêtement, ce ne sont pas les meilleurs moments. James Gunn parvient malgré tout à convaincre, notamment parce que l’action intense fait passer le temps plus rapidement, mais la saga a-t-elle vraiment un avenir ? Le succès aidant, Marvel Studios a d’ores et déjà signé pour un troisième volume. Pourquoi pas, mais si les scénaristes restent à nouveau sur la même voie sans oser sortir des sentiers battus, ils risquent bien de gâcher cet équilibre largement incompréhensible. En attendant, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 est un blockbuster bien ficelé, toujours fun et spectaculaire, mais ce n’est pas l’excellente surprise de son prédécesseur.


  1. Si jamais vous vous demandiez vraiment, c’est le quinzième volet de l’univers cinématographique Marvel.