Ocean’s Thirteen, Steven Soderbergh

La saga Ocean’s a commencé sur un remake d’un film de casse des années 1960, mais elle s’est rapidement transformée en réunion de stars qui aiment travailler ensemble. C’était le cas avec le deuxième volet, peut-être plus brouillon, mais encore plus marqué par ce plaisir des acteurs. Comment résister face à un tel attrait ? Sans surprise, Steven Soderbergh et la même bande de stars se sont lancés sur un troisième volet, très logiquement nommé Ocean’s Thirteen. Tous les voleurs sont encore là et ils sont même encore plus nombreux, comme le titre le laisse entendre, le tout pour un nouvel épisode qui revient à la simplicité des débuts. Film de casse à la fois très simple et sophistiqué, le résultat est extrêmement plaisant, à défaut d’être inoubliable.

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Il fallait une excuse pour réunir tous les malandrins, Ocean’s Thirteen commence directement avec elle : l’un des membres de l’équipe tombe dans le coma après avoir été viré comme un malpropre du nouveau casino qui est en train de se construire à Las Vegas. Tous ses amis se réunissent et cherchent immédiatement à se venger, non seulement en ruinant Willy Bank, l’auteur du méfait : ils veulent aussi et surtout le ridiculiser. Steven Soderbergh ne perd pas de temps avec ces préliminaires pour entrer plus vit dans le vif du sujet : la préparation du casse. Toute la bande se réunit au plus vite pour détruire la cérémonie d’ouverture du nouveau casino, prévue quelques mois après. Qui dit nouvel établissement, dit nouvelle sécurité, et un super ordinateur intelligent qui vérifie en permanence tous les joueurs et détecte de façon infaillible les tricheurs. Pas de quoi effrayer la bande de Danny Ocean qui met en place sa stratégie pour vider les caisses du casino et partir tranquillement une fois que c’est fait. Contrairement au film précédent, Ocean’s Thirteen se concentre sur une seule intrigue et une seule cible et c’est très bien ainsi. Même si Steven Soderbergh n’a pas pu s’empêcher de rameuter des personnages des volets précédents, ces derniers restent secondaires et on peut ainsi mieux se concentrer sur le cœur du sujet, à savoir le casse.

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Cette simplicité permet de mieux se concentrer sur les préparatifs et la réalisation du plan, les deux éléments les plus funs de la série. Les scénaristes ne sont pas allés très loin pour chercher à rendre l’intrigue originale ou même prenante et si vous vous attendez à un thriller intense, vous serez déçu. Ocean’s Thirteen ne se fatigue pas avec l’originalité et préfère au contraire jouer la carte de la sécurité, avec des séquences qui s’enchaînent à bon rythme et qui démontrent le plaisir plus sensible que jamais des acteurs face aux caméras. Les idées de Danny, Rusty et Linus sont plus folles encore, ils imaginent créer un séisme pour arrêter l’ordinateur, tout en pensant à ruiner l’expérience de l’homme qui va potentiellement récompenser l’hôtel, tout en prévoyant un plan dingue pour partir avec les diamants stockés par le maître des lieux. Tout est hautement improbable et on s’en fiche : on n’est pas là pour un long-métrage réaliste, bien plus pour passer du bon temps. Les acteurs s’amusent et ils sont tous excellents dans leur rôle, surtout avec ce troisième volet. Les rôles sont aussi plus équilibrés, avec des personnages secondaires qui prennent un petit peu plus d’importance. Al Pacino est assez amusant dans son rôle de patron de casino et même s’il n’y a pas de « meta » comme dans le précédent, Steven Soderbergh multiplie les clins d’œil avec Frank Sinatra qui jouait le rôle principal dans le film original qui a lancé la série, à la saga Le Parrain. Et la bande-originale composée encore une fois par David Holmes est toujours aussi prenante et réussie.

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Ocean’s Thirteen n’est pas un film très original et il n’en a pas la prétention. On sent encore plus que dans les précédents que les acteurs aiment travailler ensemble et que Steven Soderbergh aime travailler avec ces acteurs. Le tournage a probablement été plaisant, le résultat aussi et c’est bien là l’essentiel. En revenant à la simplicité d’Ocean’s Eleven, ce troisième épisode est plus direct que son prédécesseur et aussi plus plaisant. Ce n’est peut-être pas un grand film, mais c’est sans conteste un excellent divertissement.