Ted Lasso, Bill Lawrence, Jason Sudeikis, Brendan Hunt et Joe Kelly (Apple TV+)

Ted Lasso se construit sur une idée loufoque : un club de football anglais fait appel à un entraîneur de football américain. La série originale d’Apple TV+ se construit sur cette base et sur les inévitables décalages entre les deux sports et surtout les deux pays. Ce n’est pas le concept le plus original qui soit, mais la confrontation de deux cultures est toujours une piste fructueuse et les dix épisodes de la première saison le prouvent encore. L’optimisme imperturbable de ce texan qui débarque dans un club populaire de Londres est source de multiples situations comiques et Ted Lasso est une série réjouissante d’un bout à l’autre. À ne pas rater !

Pourquoi est-ce qu’un club de foot anglais ferait appel à un entraîneur de football américain ? Tout le monde se pose la question, sauf Ted Lasso, qui débarque à Londres sans discuter et surtout sans douter, avec son fidèle coach et un enthousiasme manifestement sans limite. Dès le pilote, Ted Lasso joue sur les décalages avec cet Américain qui est dans une caricature de joie de vivre et de pensées positives à ne plus savoir qu’en faire. De quoi écœurer n’importe quel Européen habitué à une dose nettement élevée de bonne humeur et d’ardeur, surtout dans le monde du football où l’on juge la variante imaginée de l’autre côté de l’Atlantique avec un immense mépris. Et encore plus dans ces clubs animés par la passion profonde de ses fans, qui accueillent Ted Lasso en scandant wanker. Jason Sudeikis est parfait dans le rôle du cow-boy, son jeu toujours à la frontière de l’outrance ridicule est impeccable et il excelle dans son opposition constante au flegme britannique. C’est un personnage qui aurait pu être ridicule, mais dont l’enthousiasme constant finit par être contagieux et la série d’Apple TV+ est elle aussi très plaisante à regarder. Naturellement, cette opposition initiale ne suffit pas à faire une bonne série et les scénaristes creusent chaque personnage principal, en leur offrant une profondeur que l’on ne soupçonne pas initialement. Ted Lasso a des problèmes de couple et son parcours n’est pas toujours aussi simple qu’il veut bien le montrer. Et dans ce monde encore très machiste, on apprécie les rôles féminins bien travaillés et tout particulière le personnage de Rebecca Welton, propriétaire du club qui a eu l’idée d’embaucher Ted Lasso pour se venger de son ex-mari. Hannah Waddingham commence avec une interprétation tout en mépris et un profond sentiment de supériorité, mais l’actrice laisse passer juste ce qu’il faut de douceur et faiblesses dans cette forteresse et son arc narratif est également plus riche qu’escompté. La première saison de Ted Lasso est courte, avec dix épisodes d’une trentaine de minutes, mais suffisante pour poser des personnages crédibles que l’on a hâte de revoir. Plus que son humour et son regard décalé sur notre culture européenne, c’est là sa plus belle réussite.

Bonne pioche pour Apple TV+, cette comédie est une vraie réussite. La joie de vivre du personnage principal est communicative et Ted Lasso gagne le cœur de ses spectateurs épisode après épisode, comme le personnage de Ted Lasso le fait au sein de son club. C’est une série « feel-good » assumée et il n’y a rien de mal à cela. Même si vous n’appréciez pas particulièrement le football, ce qui est assurément le cas pour l’auteur de ces lignes, la première saison vaut le détour. Vivement la suivante, d’ores et déjà prévue pour l’année prochaine !