Twilight — Chapitre 1 : Fascination, Catherine Hardwicke

Véritable phénomène du moment, Twilight est d’abord un énorme succès littéraire aux États-Unis et désormais, un film, premier d’une série de quatre films. Les affiches françaises annonçaient un Roméo et Juliette chez les vampires tandis que quiconque attaque le livre se trouve emporté par une histoire apparemment hyper prenante comme les Anglo-Saxons savent si bien en faire.

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Les critiques n’ont pas aimé Twilight : Chapitre 1 Fascination. Pas étonnant et si l’on en croit les avis du public d’Allocine,  c’est un film qui plait. J’ai pu le constater en allant au cinéma samedi dernier, la salle 1 des Halles était archicomble. Une semaine après le lancement et en début de soirée, ça n’était pas le cas, mais il y avait quand même beaucoup de monde pour un mardi. Je ne sais pas si le film a bien marché, peu importe d’ailleurs, mais c’est typiquement le genre de film apprécié du public et non de la critique, les Inrockuptibles mis à part, car, contre toute attente, ils ont plutôt apprécié.

Personnellement, n’en n’attendant rien de merveilleux, je n’ai pas été déçu par le film. Ça n’est pas déplaisant, c’est un blockbuster dans la norme, assez attendu, sans réelle imagination, avec tous les codes ou clichés du genre, bref, un pop-corn movie classique. C’est aussi typiquement un teen-movie avec nos deux héros supposés magnifiques et auxquels tout adolescent(e) normalement constitué(e) est prié de s’identifier. Ils sont non seulement beaux, mais en plus « différents », ce qui ne veut plus dire grand chose, mais disons qu’ils sont très pales. Apparemment, cela suffit à en faire des êtres à part dans le cinéma américain…

Roméo et Juliette parce qu’amour impossible, on l’a bien compris. Le sous-titre est assez bien trouvé puisque, comme il l’indique, l’amour n’est ici que fascination et non consommation. Tout juste a-t-on droit à un (timide) baiser final mais sinon, ils se regardent et s’aiment d’un amour très platonique. Si vous ne l’aviez pas encore compris, l’amour est impossible parce qu’il est vampire et que pour l’aimer, il devrait la mordre et donc la vampiriser. Donc il devrait l’abandonner, par amour : on sent poindre le sacrifice qui n’a, bien entendu, pas lieu (on est chez Hollywood là, faut pas déconner !) mais le thème n’est pas inintéressant, comme les Inrockuptibles l’ont bien montré. Pourtant, ces deux là respectent à la virgule près le topos littéraire du coup de foudre. Pas de doute à avoir, dès l’entrée du bellâtre, les violons s’activent, la caméra ralentit, oui, c’est bien lui. C’est sûr que la subtilité psychologique des personnages n’entre guère en ligne de compte, un point sur lequel, si j’ai bien compris, le livre est meilleur que le film.

Un petit mot sur les vampires nouvelle génération. Déjà, si vous vous attendez aux problématiques de la lumière du jour, de l’ail ou des pieux, vous serez déçus, ces vampires sont très modernes. Ils habitent une magnifique maison tout en verre et ouverte, ne craignent pas la lumière (ni l’ail, mais le film n’en parle pas… peut-être qu’il n’y a pas d’ail aux États-Unis…) mais par contre restent éternellement jeunes (utile pour un tel film), sont très forts, courent très vite, voient l’avenir ou lisent dans les pensées. Ils n’ont même pas de dents allongées ! Sinon, l’idée des vampires végétariens — ils se contentent du sang d’animaux — est plutôt marrante,  j’ai trouvé…

Je ne vais pas m’étendre indéfiniment sur la question. Objectivement, le film est loin d’être génial mais il m’a amusé, même si le plaisir fut en partie gâché par un son pourri (le cinéma des Halles vieillit, je préfère vraiment Bercy…). C’est un blockbuster pour un public en particulier, ça se sent, c’est aussi léger qu’un Caterpillar sur les plans psychologique et cinématographique, en effet. À condition de ne rien attendre de plus qu’un teenage- pop-corn- movie, Twilight n’est pas désagréable.

Ça n’est cependant pas le cas de Fabien, de Critikat, qui a apparemment eu envie « d’enfoncer un pieu dans la tête des producteurs. Je recommande sa critique, très drôle (et vraie) sur le film. Télérama n’a pas aimé, mais comme je le disais, les Inrockuptibles ont réussi à trouver de l’intérêt au film, ce qui quand même, est fort…

J’oubliais : le film se termine sur Thom Yorke, et ça, ça sauve un film (ou pas) !