La Ferme de l’Odet à Quimper

Situé à quelques minutes de route au sud du centre de Quimper, La Ferme de l’Odet porte très bien son nom. Le restaurant est installé dans une ancienne ferme sur la rive de la rivière, dans un cadre qui est resté très naturel. On quitte la ville et les zones d’activité pour accéder au restaurant par une toute petite impasse au milieu des bois, avec une vue dégagée sur l’Odet. C’est très champêtre et très calme, une ambiance reposante qui offre un premier contact très agréable avant même d’entrer à l’intérieur. Ce cadre magnifique est au service d’une cuisine gastronomique composée de produits de saison travaillés exclusivement sur place, pour des assiettes excellentes et des prix tout à fait raisonnables. Une adresse à recommander !

À la belle saison, vous pourrez profiter des terrasses extérieures, mais même en plein hiver, La Ferme de l’Odet reste largement ouvert sur son environnement. Le contraire serait décevant, tant ce restaurant bénéficie de son cadre, de la rivière qui coule juste à côté et du bois face à lui. Les deux salles sont ainsi largement ouvertes sur l’extérieur et si vous n’êtes que deux, vous pourrez peut-être bénéficier d’une vue sur les environs et ainsi profiter d’un très beau coucher du soleil pour le diner. On s’installe dans la salle très moderne, où les tables sont bien séparées les unes des autres et on découvre une carte très simple, avec un choix limité à deux menus[^Une sélection à la carte est en fait aussi disponible, si ces menus ne vous conviennent.]. Entrée, plat et dessert pour les deux, plus mise en bouche et mignardises, la différence se situe ensuite dans la noblesse des produits utilisés. Du thon ou un œuf en entrée pour le menu à 35 €, des ris de veau ou du homard sur celui à 50 €, pour prendre un exemple concret ce soir-là. Dans les deux cas, les deux propositions sont très alléchantes et les prix assez doux, sauf peut-être si vous ajoutez l’assiette de fromage qui fait monter la note de manière sensible. Nous optons pour le menu à 50 € et commençons le repas avec un amuse-bouche très agréable et qui montre déjà l’exigence en cuisine : du guacamole et quelques morceaux de saumon fumé, mais entièrement maison, la préparation à base d’avocat comme le poisson qui a été fumé sur place. La carte le revendique d’ailleurs clairement : ici, tout est fait sur place, à partir de produits de saison et locaux autant que possible.

Les entrées arrivent, d’un côté du ris de veau bien grillé et légèrement croustillant, accompagné de carottes entières et en purées qui ont surtout été cuisinées avec du kalamansi, une variété d’orange amère qui donne au plat toute sa profondeur. C’est parfaitement équilibré, il y a de l’amertume et de l’acidité, une pointe de sucre et les ris sont fondants comme il faut. En face, des médaillons de homard à peine cuits et servis tièdes, là encore avec une tendreté qui ne trompe pas sur la fraicheur du produit. Une conchiglioni farcie et un caviar d’aubergine accompagnent le crustacé tout en rondeur, c’est précis, juste et excellent. Le repas continue avec un poisson qui varie en fonction du marché, ou un filet de bœuf. Ce dernier est cuisiné pour rester saignant et fondant en bouche, c’est un plaisir à la dégustation et la purée qui l’accompagne est très bien, mais on retient surtout cet oignon de Roscoff cuit en croûte de sel. Naturellement sucré, le légume est encore légèrement croquant et la farce qu’il contient est savoureuse… un délice. Ce jour-là, le poisson était du Saint-Pierre, connu pour sa chair ferme et son goût délicat. Cuisson parfaite, fraicheur indiscutable du produit et un accompagnement qui tire vers la terre, avec des artichauts poivrades, quelques girolles et en guise de sauce, un fumet de poisson cuisiné au vin rouge. Les ajustements sont précis, la peau du poisson est bien grillée, c’est encore une fois une belle réussite. Le repas se termine avec deux desserts, d’un côté une sorte de tarte tatin réinventée, avec une croute de caramel qui contenait quelques dès de pommes crues, des morceaux d’un biscuit au sarrasin et une crème glacée à la vanille. Très gourmand, sans être trop sucré, et la farine de blé noir ajoutait une belle profondeur. Même recherche pour l’autre dessert, avec un assemblage de tuiles au cacao, de ganache au chocolat de Guayaquil et d’une gelée de mures, accompagné de noix de pécan caramélisées et d’un sorbet aux mûres. Chocolat et fruits rouges, c’est un classique, mais parfaitement exécuté ici et encore une fois, gourmand sans trop tirer vers le sucre.

Le repas se termine avec deux mignardises maisons, dont une tartelette aux abricots particulièrement bonne. Pour 50 € par personne, c’est un menu gastronomique complet et d’un excellent niveau d’un bout à l’autre du repas, sans aucune fausse note et dans un cadre magnifique. Ajoutez un verre de vin servi en quantité généreuse et vous obtiendrez un diner qui pourrait sans problème être servi dans une adresse étoilée. La Ferme de l’Odet est un restaurant qui mérite le détour si vous passez dans les environs.