Ce qu’il fallait regarder en 2016

2009, 2010, 2011, en 2012, en 2013, 2014 et naturellement 2015 : comment passer à côté cette année ?

Comme tous les ans donc, voici ma sélection de l’année. Sauf que cette fois, il n’y a pas 18 longs-métrages sortis en salle dans ce best-of, mais également plusieurs séries qui se sont glissées. Déjà, parce que je n’avais pas trouvé autant de films de cinéma à conserver cette année — la qualité était-elle si médiocre ou ai-je raté tous les bons films ? — ; ensuite, et peut-être surtout, parce que certaines séries sont si ambitieuses et bien réalisées qu’elles concurrencent sans peine la production dédiée au grand écran. Je pense que c’est une pratique que je préserverai, surtout si les séries sont aussi bonnes les prochaines années.

Sans plus tarder, voici la liste, comme d’habitude fournie par ordre alphabétique :

  • The Assassin, de Hou Hsiao-hsien : parce que ce film obscur et largement incompréhensible est aussi l’un des plus beaux que l’on ait pu voir cette année ;
  • Carol, de Todd Haynes : parce que ce film délicat et précis est une très belle histoire d’amour et parce que Cate Blanchett y est parfaite ;
  • The Crown, de Peter Morgan : parce que cette série extrêmement ambitieuse démarre avec une première saison très classique, mais passionnante sur un personnage public que l’on connaît très mal ;
  • Dernier train pour Busan, de Yeon Sang-ho : parce que ce film de zombies coréen gore et stressant est une vraie réussite, un blockbuster jouissif et sanglant comme il faut ;
  • Elle, de Paul Verhoeven : parce que ce film est insaisissable et passionnant et parce qu’Isabelle Huppert y est incroyable ;
  • The Get Down, de Baz Lurhmann et Stephen Adly Guirgis : parce que cette série joyeuse et un poil bordélique est un bonheur à regarder et à écouter ;
  • Les Huit Salopards, de Quentin Tarantino : parce que le cinéaste a gagné en maturité et ne s’amuse plus seulement à multiplier les clichés et parce qu’il signe au contraire une œuvre lente et sombre, violente aussi, parfaitement réussie ;
  • Julieta, de Pedro Almodovar : parce que ce film teinté de mystère est aussi une très belle histoire de femmes ;
  • Juste la fin du monde, de Xavier Dolan : parce que, même si le cinéaste continue d’agacer avec certains clichés de mise en scène faciles, ce huis clos est aussi touchant et puissant, un grand moment de cinéma ;
  • Manchester by the Sea, de Kenneth Lonergan : parce que ce drame familial banal en apparence porte en lui un film précis et poignant ;
  • Midnight Special, de Jeff Nichols : parce que ce film énigmatique et sensible offre un nouveau regard rafraichissant sur la science-fiction, loin de la production habituelle ;
  • The OA, de Brit Marling et Zal Batmanglij : parce que cette série étrange et d’une ambition folle ose suivre un chemin atypique et elle est passionnante… vivement la suite ;
  • Paterson, de Jim Jarmush : parce que ce film poétique et porté par la poésie est une magnifique célébration du quotidien, une œuvre apaisante et sublime ;
  • Premier Contact, de Denis Villeneuve : parce qu’un autre regard sur la science-fiction et les extra-terrestres est possible et parce que le résultat, apaisé et simple, est magnifique ;
  • The Revenant, d’Alejandro González Iñárritu : parce que ce film est une expérience éprouvante portée par un Leonardo DiCaprio plus époustouflant que jamais ;
  • Rogue One : A Star Wars Stories, de Gareth Edwards : parce que ce film prouve que l’univers de Star Wars vaut au-delà de la saga mythique et parce que ce spinoff spectaculaire embrasse une noirceur passionnante ;
  • Westworld, de Jonathan Nolan et Lisa Joy : parce que la première saison de cette série frappe par son ambition folle et parce ces dix épisodes sont plus impressionnants que la majorité des films sortis au cinéma cette année ;
  • Zootopie, de Byron Howard, Rich Moore et Jared Bush : parce que Disney a réussi à transformer ce qui ressemblait à la pire idée de l’année en un film d’animation audacieux, très drôle et qui parvient même à porter sa morale sans tomber dans la niaiserie… chapeau !

Comme s’il fallait compenser l’ajout des séries, les grosses productions américaines ont été largement des déceptions cette année. Ni Captain America : Civil War, pas plus que Doctor Strange et encore moins Batman v Superman: L’Aube de la justice ne méritaient une place dans ce classement… et ne parlons même pas du naufrage X-Men : Apocalypse. Et ce n’est guère mieux quand les superhéros tentent le second degré : Suicide Squad était très mauvais et Deadpool avait bien trop conscience de son côté cool pour séduire. Côté superhéros, c’est encore sur le petit écran qu’il fallait chercher : Luke Cage a bénéficié d’une première saison très satisfaisante chez Netflix.

2016 a aussi confirmé que les jeux vidéo ne faisaient pas de bons films, que ce soit pour le très laid Warcraft: Le Commencement, le très pénible Assassin’s Creed ou encore le poussif Angry Birds, le film. Ce n’est guère mieux côté sagas ou remakes : on se serait bien passé du retour de Jason Bourne et du Monde de Dory, une suite bien paresseuse. Le Livre de la Jungle aurait mieux fait de rester en version animée et le SOS Fantômes version féminin n’avait vraiment pas grand intérêt, si ce n’est celui de devenir le porte-étendard du féminisme, bien malgré lui.

Ne terminons pas ce bilan sur une note négative : 2016 était aussi plein de beaux et bons films, des productions parfois étranges qui osaient des choses nouvelles. Et même si le cinéma déçoit parfois, le petit écran compense largement et de plus en plus1. Voyons maintenant ce que réserve 2017 !


Ajout du 17 janvier 2017

Vu trop tard pour entrer dans ce classement, l’excellent Your Name y aurait pourtant eu toute sa place. Il est toujours diffusée en salles, donc si vous ne l’avez pas encore vu, vous pouvez rattraper cette erreur !


  1. Et d’ailleurs, la deuxième saison de Mr. Robot aurait pu trouver place dans ce classement. Nettement plus psychologique et moins technique, elle gagne en épaisseur et devient vraiment passionnante. Sans compter qu’elle nous a permis de découvrir un morceau sublime qui a accompagné cette fin d’année…